Allocution d'ouverture du Président de l'OCVIDH





Mes chers compatriotes,chers invités

 

 

Chers compatriotes, chers invités,

En ce jour du 29  novembre 2009, dix-neuf années se sontécoulées depuis qu’un soir de folie collective a mené à la mort vingt-huitdéfenseurs de la nation.

Des soldats ont tué froidementd’autres soldats. Sans état d’âme.

Ils appartenaient aux mêmes corps,portaient un uniforme identique, servaient un même drapeau. Ils avaient encommun d’avoir prêté serment de fidélité à ce drapeau, à l’idéal qu’ilsymbolisait de fraternité, de justice et d’égalité.

Tous avaient juré de le  défendre côte-à-côte au prix de leurs vies.Ils se  devaient fraternité etassistance. 

Rien n’y aura fait.

Dans la nuit du mardi 27 au mercredi28 novembre 1990, entre la tombée de la nuit cruelle et le lever d’un joursombre, des hommes allaient écrire, sous la dictée d’un dictateur féroce, unedes pages les plus sanglantes de notre histoire trentenaire.

28 personnes ont payé de leurs vies lefait d’être noirs dans une armée dont le chef avait la ferme volonté dedénigrifier, le colonel de bien sinistre mémoire, Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya,militaire sans faits d’armes, d’une platitude et d’une médiocrité comme jamaisnotre pays n’en produisit et qui eut, un jour du 12 décembre 1984, rendez vousavec l’Histoire pour la plus grande tragédie du peuple noir de Mauritanie.

28 soldats ont été pendus, massacrésau nom du seul motif de leur différence, en raison de la race, au mépris de lareligion.

28 innocents fauchés à la fleur del’âge sur l’autel de la haine.

28 jeunes existences foudroyées parla barbarie.

28 êtres brisés par la foliedévastatrice d’un homme.

28 âmes éteintes au nom del’idéologie de « ceux qui se sonttrompés de colère … » selon la belle formule de SOS-Racisme.

A Inal,  la Vallée des larmes, Vallée du Fleuve Sénégalainsi rebaptisée en avril 1989,  a connu cettenuit du mardi 27 novembre au mercredi 28 novembre 1990, sonOradour-sur-Glane*.  

Elle ne le sut que bien après.

 

Des années durant, nous avons battule macadam parisien, les rues ont résonné du cri de nos douleurs, nous avonsscandé le nom du premier de nos assassins, dit notre incompréhension de tout cequi était arrivé sur fond d’hommages à nos morts, réclamé justice.

Aujourd’hui, nous avons choisi denous retrouver ici, optant pour la formule de la journée de recueillement  dédiée au devoir de mémoire.

Des retrouvailles pour, en toutehumilité, dire combien le chagrin qui nous habite est encore vivace, notredétresse profonde, le besoin de vérité et de justice vital.

Entre le mois d’août 1990 et le moisd’avril 1991, plus de cinq cents hommes ont péri sous la torture et lesexécutions extra-judiciaires. 

Je renouvelle solennellement ici, lavolonté inébranlable de l’OCVIDH – Organisation contre les violations desDroits Humains en Mauritanie –  et je souhaitequ’elle croise celle de toutes les femmes et hommes épris de paix, de justice.

          

-        à inspecter sans concession leschapitres traumatisants de notre drame collectif

-        à exiger avec force et constancel’établissement de la vérité des faits, aussi terribles puissent-ils  être

-        Et au final, à œuvrer pour que soitprononcé un châtiment à la dimension des tueries exécutées.

-        La Mauritanie de nos rêves, celle del’égalité, de la justice, de l’Honneur sera sans nul doute à  ce prix-là.

 

 

Je ne terminerai pas sans citer unami, un frère, à propos des 28 sacrifiés de Inal.

 

« Salut à ces hommes que l’absurde et le nihilisme ont tué sansjamais les prendre à la mémoire de l’homme pris dans l’immensité de l’espéranceet en la foi en Allah, Louange à Lui, le miséricordieux, qu’Il permette quejustice soit faite en ce monde. Amine »

 

 

Qu’il me soit permis de saluer laprésence parmi nous de l’AVOMM,  vieuxcompagnons de lutte et partenaires courageux, lucides et d’une déterminationsans faille.

De saluer la présence parmi nous encette salle des politiques  de AJD-MR, deTAWASSOUL,  de militants des Droits del’Homme, de femmes et d’hommes de conviction, venus apporter un message desoutien et d’amitié lequel, vous vous en doutez bien, nous va droit au cœur.

 

Dieu Protège mon pays,

 

Je vous remercie.

 

 

 

 

 

 

*Massacre d'Oradour-sur-Glane

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Le massacre d’Oradour-sur-Glane désigne la destruction, le 10 juin 1944, de ce village de la Haute-Vienne, situé à environ vingt kilomètresau nord-ouest de Limoges, et le massacre de sa population(642 victimes), par un détachement du 1er bataillon du 4erégiment de Panzergrenadier Der Führer appartenant à la Panzerdivision Das Reich de la Waffen-SS. Il s'agit du plus grand massacrede civils commis en France par les armées allemandes, assez semblable à celuide Marzabotto perpétré en Italie, qui transposesur le front de l'Ouest des pratiques courantes sur le front de l'Est.

Cesévénements marquèrent profondément les consciences ; leurs conséquencesjudiciaires suscitèrent une vive polémique, notamment à la suite de l'amnistieaccordée aux Alsaciens « Malgré-nous » qui avaient participé aumassacre. Depuis 1999, le souvenir des victimes est commémoré par le Centre de la mémoire d'Oradour-sur-Glane, situé non loin des ruines duvillage à peu près conservées en l'état.

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Ajouté le 24/11/2009 par OCVIDH Dimanche 29/11/2009 21H52 - 0 réaction(s)

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