Mot de clôture Journée des Martyrs du 28 novembre 2009








Mot de clôture de la Journée des Martyrs du 28 novembre 2009
Nous voici parvenus au terme du douloureux exercice de retour sur les années et sur les faits tragiques qui ont mené à la potence alors qu'ils n'en étaient pas des gibiers, des hommes d'honneur, des soldats qui ont rendu le dernier souffle sous le regard sans aménité de leurs bourreaux. Quelqu'un disait que ceux qui allaient mourir invoquaient Allah, notamment son unicité, s'entendaient répondre par ceux qui les envoyaient dans l'au-delà : "Tais-toi, sale (Yahudi) juif" 
Il faut croire que dans leur langage cela représentait l'injure suprême.
Mais la rencontre d'aujourd'hui a une signification tellement importante à nos yeux, elle est signe que beaucoup reste à construire certes mais que tout n'est peut-être pas perdu.
Notre nation a besoin d'exorciser la plaie béante du Passif, elle doit s'y mettre toutes affaires cessantes.
Que l'on ne compte pas sur le temps pour effectuer une oeuvre de de dilution. Il n'y parviendra pas, rendez-vous compte, dix neuf ans se sont écoulés et mon ami Mahamadou SY, Secrétaire général de l'OCVIDH nous restitue encore aujourd'hui, de mémoire, avec force détails, les faits de la tragédie du camp d'Inal. 
Il porte en lui la longue, très longue nuit du mardi 27 novembre au mercredi 28 novembre 1990. 
Elle l'habite, d'avoir écrit  " l'enfer d'Inal " l'a sûrement allégé mais pas sauvé. Nombreux sont en cette salle et ailleurs de par le vaste monde qui ont survécu, Les camps étaient nombreux et souvent leur existence obeîssait à la seule volonté du chef militaire local, soucieux de mettre en relief son zèle et ils portaient le nom presque anonyme de "site"
En réalité, c'étaient des lieux à l'image des Mathausen, de Sobibor. 
Ils fonctionnaient en secret quasi total, on y humiliait, torturait, tuait sans risque.
Sur les deux voire trois milliers des soldats arrêtés arbitrairement, lâchement, entre le début août 1990 et 17 avril 1990, date de "libération" des détenus de N'Beïka, Jreïda, etc .... 513 ont péri, victimes de la haine aveugle, assassinés collectivement par leurs frères d'armes devenus, l'espace d'un soir ou d'un jour, d'un endroit ou d'un autre, d'implacables et cruels ennemis.
Les âmes de nos frères ne retrouveront la quiétude que lorsqu'elles seront enfin libérées des fosses communes, remises aux leurs afin de recevoir les hommages religieux adéquats.
Le travail de mémoire est, pourrait-on dire libre de toute entraves, il s'est effectué et se poursuit depuis les premières sorties des détenus et leur lot de révélations.
L'exigence, incontournable, demeure celle de la mise en place d'une commission nationale indépendante d'enquête, dont le rôle serait de procéder à une fouille sans complaisance des faits, à l'établissement des responsabilités à  quelque niveau qu'elles se situent.
Suivie par un travail de justice indispensable, salutaire, précédant celle de Dieu, inéluctable.
Dix-neuf fois au moins, le souvenir des Martyrs nous a submergé , sans compter le nombre incalculable de fois pour celles et ceux qui, quotidiennenment, mesurent à travers l'être absent, la dimension du saccage de leurs vies.
Mauritanie, la veuve et l'orphelin te réclament justice.

Cri de coeur, appel d'espoir et de foi, lancé au seul juge qui vaille, impartial, impitoyable, celui de l'Histoire !

Dieu garde la Mauritanie
Je vous remercie

Deuil-La-Barre, dimanche 29 novembre 2009

                           Allocution d'ouverture de la Journée par le Président de l'OVCIDH




Ajouté le 02/12/2009 par OCVIDH - 2 réaction(s)

Les réactions

Comme c'est du solide. merci Monsieur le président, un sans faite pour la journée. Les absents ont eu tort, le terrain et la salle se complètent .

Le 07-12-2009 à 19:56:57 par Farba cire

Celà a été unen journée pleine de MOMENTS FORTS, comme la lecture du Coran, la projection vidéo des photos de Martyrs (partis à la fleur de l'âge) accompagnée en sourdine d'une chanson de Baaba Maal qui résume à elle seul la souffrance et le courage des orphelins veuves et rescapés. C était un moment d'émotion intense mésurable au silence qui pesait entrecoupé seulement par un sanglot que quelqu'un ne pouvait retenir ou les commentaires faits de vive voix par le grand frére Sy Mahamadou.
Merci à l'OCVIDH qui oeuvre pour que vive la flamme de la mémoire, pour que justice se fasse et que surtout personne ne soit oublié.
De telles journées boostent la lutte : elle continue.

Le 08-12-2009 à 18:14:26 par BLACKJACK

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