
«C’est une réussite, car la mobilisation a dépassé les 76 %», dixit les Centrales syndicales grévistes
Réunis au siège du Syndicat des Chirurgiens Dentistes Mauritaniens (SCDM) où ils ont animé une conférence de presse, les secrétaires généraux des Centrales syndicales et des Organisations (UTM, CGTM, CLTM, SCDM, SPISM et SNPETFP), signataires du mot d’ordre de grève de trois jours (15-16-17), exprimé leur satisfaction quant au suivi de leur mouvement dont ils affirmeront que la mobilisation a dépassé les 76%.
Ils déploreront, cependant l’agression d’une enseignante dans une école fondamentale à Kiffa, l’arrestation et les interrogatoires des leaders syndicalistes à Boghé, à Aleg et à Sélibaby ainsi que la menace d’affectation à l’encontre d’une sage-femme à Arafat et de nombreuses demandes d’explication adressées aux grévistes.«Les travailleurs mauritaniens tournent une page glorieuse de leur histoire militante et responsable sur la voie de la réalisation totale des doléances sans lesquelles aucun épanouissement n’est envisageable», dira le Secrétaire général de la CGTM, M. Abdellahi Ould Mohamed dit Nahah qui soulignera que «cet objectif ne peut se réaliser que si l’on respecte le travailleur, son effort, son sacrifice, et son combat pour faire valoir ses droits».
Et d’ajouter: «Dans sa politique de repli sur soi et de fuite en avant, le gouvernement, comme à son habitude, tente encore aujourd’hui de se voiler la face et de voiler la réalité aux citoyens par son net refus de la négociation et du dialogue, chose que l’histoire n’oubliera sans doute pas. En outre, des brimades et des réprimandes ont été enregistrées par ci et par là qui ne font que jeter de l’huile au feu».
Prenant la parole à son tour, M. Samory Ould Beye, Secrétaire Général de la CLTM notera: «Des provocations ont été relevées à l’encontre des contractuels allant jusqu’à les obliger de venir chaque jour au travail, faute de quoi leurs contrats seront résiliés. D’autres ont été agressés, arrêtés, interrogés et menacés d’affectation pour avoir observé la grève. Tous ces comportements illégaux ont été faits dans le total mépris des conventions et accords internationaux ratifiés par la Mauritanie et qui garantissent aux travailleurs des droits syndicaux.»
A une question relative au bilan des trois jours de grève observés par les fonctionnaires et les agents de l’Etat, M. Abdellahi Ould Mohamed dit Nahah, Secrétaire général de la CGTM, dira: «Le bilan que nous pourrons tirer de ces 3 jours de grève, est, premièrement que le mouvement de grève a été très largement suivi sur l’ensemble du territoire national, comme le prouve le service public qui a été totalement paralysé. Deuxièmement, nous tirons également comme bilan, l’attitude négative du gouvernement, qui a occulté, à travers les médias publics, l’information exacte sur le mouvement de la grève. Parce qu’il était tout simplement incapable de donner les chiffes exacts sur la suivie du mouvement de grève. Par conséquent, nos compatriotes travailleurs ou non étaient obligés de se connecter sur les chaînes et des stations de radios internationales pour pouvoir savoir ce qui se passe chez eux. Cela constitue une violation flagrante du droit mauritanien. Le droit des Mauritaniens à être informés par rapport de ce qui se passe chez eux. Et troisièmement, il n’y a pas eu de contact entre les dirigeants des centrales syndicales grévistes et le gouvernement. Puisque la préoccupation du gouvernement, durant ces trois jours-ci, était plutôt - après avoir refusé de la négociation au moment de la période de préavis de grève de 30 jours – à chercher de casser le mouvement de grève et à intimider les travailleurs».
Evoquant les perspectives d’avenir des centrales syndicales, il soulignera: «De toutes les façons, par rapport aux perspectives d’avenir, nous sommes en train de faire le point par rapport à la situation évolutive. Certainement, nous observerons quelques jours pour savoir la réaction du Gouvernement. Parce que nous sommes toujours très attachés au dialogue. Une fois encore, notre objectif c’est le dialogue. Pour atteindre notre objectif, nous donnons encore l’occasion aux partenaires de se ressaisir et de tirer les renseignements des événements de ces trois jours. C’est à la lumière du comportement du gouvernement par rapport à ces problèmes, que nous allons définir notre plan d’action. Nous restons donc mobilisés pour pouvoir suivre le mouvement. Au cas où le gouvernement continuera de nous ignorer, nous lui afficherons une attitude négative».
Ajouté le 11/03/2010 par ANI 17-03-2010 19:11:14 - 0 réaction(s)



