
Malaises et amalgame dans la lutte
Abderrahmane NGAIDE (Bassel)
Nous supportons très mal la contradiction. Elle est généralement interprétée comme une attaque personnelle voire un « assassinat » abject, surtout quand elle émane d’un ancien étudiant ou élève, d'un petit frère ou d'un cousin, d'un contradicteur ou d'un opposant. Cette attitude ressemblerait, pour beaucoup d’entre nous à un janfa, ou comme émanant d’un "impoli" irascible qui veut donner des leçons à plus âgé que soi. Ce qui est totalement aberrant et éthiquement infondé. C’est pourquoi, il est souvent douloureux de réagir à quelques uns d’entre nous surtout quand on leur voue un respect et qu'on souhaite qu'ils soient les meileurs d'entre nous. Mais il y a des sorties qui nous interpellent au plus haut degré surtout quand elles prétendent être motivées pour l’ensemble d’une communauté qui lutte pour sa reconnaissance. Vraiment, je ne comprends pas. Je n’arrive pas à en croire mes yeux en lisant ce texte écrit par mon ancien professeur et mon éternel aîné-oncle-cousin et tout. Je suis surpris et confus à la fois. Bon, je ne sais quoi dire. Mais, je vais user de mon droit à la prise de parole pour dire ceci : il est inacceptable qu’un leader d’opinion qui a payé une partie de sa vie de donner des leçons de ce genre à ses futurs héritiers dans la lutte. Ceci est d’autant plus inadmissible pour une personne pétrie dans le moule de l’intelligence et de l’intellectualité. Ceci est inadmissible. Je suis navré, mais il m'est difficile de comprendre. Vraiment je ne comprends absolument rien.
Oui je ne comprends rien du tout alors. Là je deviens bête. Que tout celui qui comprend mieux que moi m’informe avec une argumentation forte, serrée et capable de me permettre de retourner à l’école historienne, à l'école de lutte. Je suis navré d’autant plus que depuis deux ans je réécris un second essai politique sur notre aventure (Monologue « cataleptique ». Le miroir brisé, qui sortira Incha Allah dans quelques mois) dont le cœur est d’analyser les causes internes et les différentes subjectivités qui gouvernent notre « incapacité » à imposer une fois pour toute la « singularité » de notre lutte. Je pense que l’une des causes principales sur lesquelles je travaille sérieusement est cet inconscient qui ressurgit à chaque fois qu’on est en panne d’idées ou qu'on se sent loin de la victoire longtemps annoncée. Nous sommes tombés dans des mélanges, des bifurcations et des gymnastiques impossibles (sur le plan de la variété "subite" de notre lutte et de sa complexification qui ne cesse de nous étonner) qui déstructurent l’objet principal (principiel ?) de notre combat. Ne sachant quoi faire nous tombons facilement dans les invectives ou construisons des passerelles dont l’incohérence renseigne sur nos malaises. Ce sont, je pense ces différents malaises et cet amalgame qui nous conduisent (ndeyssane !) à cette forme incompréhensible de brouillages des sens. Notre exil mérite d’être interrogé, discuté et construit sur les bases d’une forte capacité de lutte contre soi, sans reniements bien sûr. L’exil est le lieu fécond de l’intelligence et le terreau fertile sur lequel doit germer autre chose pour la consolidation d’un lendemain salvateur pour tous. C'est ma profonde conviction.
Dakar, le 27/07/2010
--- En date de : Lun 26.7.10, alassane Boye <alassane_boye@yahoo.fr> a écrit :
De: alassane Boye <alassane_boye@
yahoo.fr>
Objet: [flamnet] Son fait, savoir le dire sans blesser
À: "Flam" <flamnet@yahoogroupes.fr>
Date: Lundi 26 juillet 2010, 3h19
Dans notre combat, dans notre quête de vérité, de justice, d'égalité, il importe de ne pas se livrer à des amalgames par passion aveugle et incongrue. La vérité peut être énoncée sans violence, sans haine, sans mépris de l'Autre. Un intellectuel responsable et pédagogue, un homme politique qui a un sens tactique et stratégique aigu ne l'énoncent pas pour rabaisser, blesser, humilier, mais pour changer positivement les choses, pour convaincre, pour susciter une adhésion massive à une analyse, à une conviction.
Tout autre positionnement est contreproductif. Objectivement il produit le contraire de ce qui était escompté. Il est vrai que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Les inconditionnels seront toujours là, prompts à applaudir. Ce qui se comprend. Mais les masses, c'est-à-dire la majorité, les alliés potentiels, les déçus de tous les autres bords politiques, les indécis, etc., ceux qui pourraient se rallier à nous, épouser notre cause, nous manifester leur sympathie, ceux là sans qui, et quoi que l'on puisse faire, aucune conquête ne se fera, ceux-là seront au mieux dubitatifs, au pire rebutés par certains discours et comportements.
Boye Alassane Harouna
26 juillet 2010
Ajouté le 27/07/2010 par Abderrahmane NGAIDE (Bassel) Mardi 27 juillet 2010 - 1 réaction(s)



Bonjour,
Il est en effet regrettable d'avoir à lire des discours haineux rédigés avec une plume trempée dans le venin et appelant au massacre. On se demande quel peut bien être l'objectif d'un tel discours? Que cherche-t-on à prouver? Son courage à travers des menaces et des mises en garde derrière son clavier et bien planqué à des milliers de kilomètres du front? Quel courage en effet! "Attention, attention, nous n'accepterons plus etc"... Attention à quoi? A qui? "Mystère et poursuite du vent" dirait Hampathé Bah. Il faut de la clairvoyance, de la lucidité et le sens des responsabilités pour conduire un combat. La haine seule qui nous est donnée à lire sous la plume de certains (souvent les mêmes) n'est pas de nature à nous sortir de l'impasse. Surtout quand il ne s'agit que de discours ayant zero chance de connaitre le moindre début de commencement d'exécution à cause du manque de courage. Donc on s'enflamme, on jette de l'huile sur le feu, on provoque et quand le feu prend on reste derrière son ordinateur à décrire ce qu'on observe en spectateur. Comme dirait l'autre "ta haine te perdra"; ta bile qui ronge l'intérieur de certains aventuriers n'aurait pas ému plus que ça si elle n'embarquait en même temps le destin de milliers d'innocents, victimes aussi bien des ennemis en face que de l'étroitesse de leurs supposés défenseurs.
A vos gurdins.
Le 28-07-2010 à 14:51:24 par : Abdoulaye Yero Dia