Architecte des enlèvements, l'homme à la barbichette à abattre : Abou Zeid égorgeur d’otages... ...et «émir» brutal.
Il est à l'origine de la plupart des enlèvements perpétrés au Sahel, dont celui du couple autrichien dans le sud de la Tunisie, en février 2008, et celui de l'envoyé spécial de l'ONU et de son adjoint en décembre de la même année au Niger.
Abdelhamid Abou Zeid, 44 ans, Hamadou Abid de son vrai nom, est plus
âgé que Abdelmalek Droudkel, alias Abou Mossaâb Abdelwadoud, l’«émir»
national du GSPC version Aqmi, et Belmokhtar, «émir» de sa katibat
depuis dix ans.
Il est à l’origine de la plupart des enlèvements perpétrés au Sahel,
dont celui du couple autrichien dans le sud de la Tunisie, en février
2008, et celui de l’envoyé spécial de l’ONU et de son adjoint en
décembre de la même année au Niger. Aujourd’hui «émir» de la katibat
Tareq Ibn Zeyad, il fait preuve d’une très grande audace en termes
opérationnels.
C’est sa plus grande force de frappe, avec également le fait qu’il est
relativement nouveau au sein du réseau, le comparant bien entendu à
Droudkel ou Belmokhtar. Originaire du Sud du pays, il vient, comme les
autres chefs terroristes, des maquis du nord de l’Algérie. Il a
traversé toutes les années violentes, il était même au GIA, puis au
GSPC avant d’arriver à Aqmi. Son nom revient dans chaque rapt perpétré
par son groupe.
C’est lui le véritable architecte de l’ensemble des enlèvements
enregistrés dans la région du Sahel. Très actif, mais également très
violent et agressif, Abou Zeid est aujourd’hui le véritable cerveau de
l’Aqmi dans le Sahel. Sa tête est mise à prix par plusieurs pays
occidentaux, il est même recherché par les pays de la région. Traqué
par l’armée algérienne, Abou Zeid, a finalement installé son QG dans le
nord du Mali.
C’est à partir de cette partie de la région que l’homme planifiera ses
prochaines actions, voire de nouveaux enlèvements d’étrangers.
Jouissant d’une liberté sans égale de la part des autorités maliennes,
Abou Zeid avait réussit à kidnapper plusieurs étrangers.
Le nom de ce chef sanguinaire avait fait le tour du monde après
l’assassinat du ressortissant britannique, Edwin Deyer, en juillet 2009
par son groupe. L’otage anglais a été décapité par Abou Zeid après des
mois de négociations avec le gouvernement britannique via des chefs de
tribus maliens.Des négociations qui n’ont abouti à rien, car le
gouvernement britannique avait refusé les conditions d’Abou Zeid, à
savoir la libération d’Abou Qotada, chef terroriste détenu dans une
prison à Londres.
Ce refus des autorités londoniennes avait été réceptionné par les
terroristes salafistes et en guise de réponse, ces derniers avaient
égorgé Edwin Deyer dans le nord du Mali; aujourd’hui, son corps n’est
toujours pas retrouvé. Un an après cet horrible acte, le même chef de
la katibat Tareq Ibn Zayed enlève un autre ressortissant européen.
Cette fois-ci, c’est l’agent secret français, Pierre Camatte qui sera
la nouvelle cible des terroristes d’Aqmi. Après trois mois de
négociations, Abdelhamid Abou Zeid sera, cette fois-ci, satisfait, vu
que ses revendications seront acceptées par les autorités françaises.
Cela dit, la France avait fait la pression sur le gouvernement malien
afin que le président malien, Amadou Touré, relâche quatre détenus
salafistes.
Ce qui devait arriver arriva, le Mali avait relâché les quatre
terroristes et Pierre Camatte sera comme attendu libéré par Abou Zeid,
une transaction qui met l’Aqmi en position de force. Quelques mois
après, c’est un autre ressortissant français, Michel Germaneau et son
chauffeur algérien qui seront à leur tour kidnappés le 19 avril dernier
dans le désert nigérien par le même groupe, toujours sous les ordres
d’Abou Zeid.
Trois mois de négociations entre des chefs de tribus nigériens et
les terroristes salafistes n’ont pas été suffisants pour arriver à une
libération de l’otage français. Les choses ont empiré après le raid
raté de l’armée française appuyée par l’armée mauritanienne pour faire
libérer Michel Germaneau. Cet échec avait coûté très cher à Michel
Germaneau, l’homme sera égorgé par Abou Zeid en guise de réponse à
l’opération militaire française ratée en plein désert malien.
D’ailleurs, l’«émir» national du GSPC, Droudkel avait revendiqué
l’assassinat de Michel Germaneau dans un enregistrement sonore. Il est
intéressant de rappeler que Germaneau, retraité, activant dans des
actions humanitaires, a été enlevé en avril au Niger par un certain
Taleb Abdoulkrim, «un ancien prêcheur de la mosquée d’Inhallil»
(localité malienne proche de la frontière algérienne), a assuré un
médiateur malien.
Selon ce médiateur, impliqué dans les libérations d’otages européens,
et qui a requis l’anonymat, «Taleb l’a remis à Abou Zeïd», «l’un des
«émirs» les plus radicaux d’Aqmi». Depuis, la branche maghrébine
d’Al-Qaïda avait menacé de tuer son otage français si certains de ses
membres détenus dans la région n’étaient pas libérés avant le 26
juillet.
«L’«émir» à la barbichette»
Selon plusieurs témoignages de chefs tribus issus des pays du Sahel,
Abdelhamid Abou Zeid est un «émir» très brutal ; il porte une barbe
très courte pas comme celle portée par ses acolytes. «L’émir à la
barbichette» avait rendu trois visites à Camatte quand il était gardé
dans le désert : d’abord pour l’interroger en arabe, puis pour le faire
poser pour une photo au milieu de ses ravisseurs en armes, enfin, pour
lui annoncer sa libération.
Une fois libre, Camatte avait décrit ses ravisseurs comme des
«fanatiques» qui «disent que les musulmans de France ne sont pas de
vrais musulmans, que ce sont eux qui détiennent la vérité et que leur
objectif est d’islamiser le monde entier». Abou Zeïd avait fait
exécuter Edwin Dyer, en juin 2009, alors que Londres refusait de céder
au chantage. Après cet assassinat, un autre médiateur malien avait
renchéri : «Zeïd est vraiment violent. Il nous a reproché de travailler
pour les blancs (Européens) qui ne sont (selon lui) que des impies.»
Abou Zeïd, Hamadou Abid de son vrai nom, est connu de longue date des
spécialistes du terrorisme. Issu de l’ex-Groupe salafiste pour la
prédication et le combat (GSPC), il est réputé avoir toute la confiance
de Abdelmalek Droudkel, 39 ans, qui dirige Aqmi depuis les maquis du
nord du pays où il a répandu la stratégie de l’attentat-suicide et de
la guérilla urbaine.
«En 2004, Abdelmalek Droudkel a voulu placer des hommes à lui au Sahel.
Il a alors projeté Abou Zeïd dans le Sud», explique un ex-terroriste
proche d’Abou Zeid. «Droudkel voulait qu’Aqmi au Sud fasse aussi des
enlèvements pour avoir de l’argent, se confronter aux armées
mauritanienne ou nigérienne, commettre des attentats, des
assassinats…», explique toujours cet ancien compagnon d’armes d’Abou
Zeid.
Afriquehebro
Ajouté le 01/08/2010 par Afriquehebro via Le Rénovateur - 0 réaction(s)

