Mercredi 5 novembre 2003, l'OCVIDH rencontrait Saïdou KANE

 


Mercredi  5 novembre 2003, l'OCVIDH rencontrait Saïdou KANE



Professeur Saidou Kane


Professeur Saidou Kane, vous n'êtes pas un inconnu pour nos lecteurs, pouvez-vous néanmoins vous présenter ?

En vous remerciant pour cette interview, permettez-nous d'encourager l'OCVIDH dont nous soutenons résolument le combat constant qu'elle mène pour le respect, la défense et la promotion des droits de la personne humaine en Mauritanie. Ce combat est maintenant largement reconnu. Il s'agit d'en élargir le champ et de l'approfondir.

Comme vous l'avez dit, n'étant pas un inconnu, permettez-moi de rappeler très sommairement à vos lecteurs, militants et amis, que nous avons reçu une formation universitaire dans les sciences humaines, sociales et politiques. Nous avons, ensuite enseigné dans les établissements d'enseignement publique, tant secondaires que supérieurs spécialisés, occupé le poste d'inspecteur de l'éducation nationale, tout en conservant celui de chercheur à l'Institut Mauritanien de Recherche Scientifique.

Le combat politique et l'exil volontaire, nous ont conduit aux Pays-Bas, notre terre d'asile, où nous avons pu sécuriser une partie de notre famille, et où nous enseignons l'anthropologie culturelle appliquée. Des consultations nous portent souvent en Afrique de l'Ouest.
Mais, nous nous sommes arrangés pour que ces activités professionnelles occupent très peu de temps par rapport au combat que nous consacrons aux droits de l'homme et la continuation de notre lutte politique contre l' État mauritanien éthno-centré, au mieux des intérêts d'une éthno-classe qui a confisqué notre indépendance .

Vous voyez donc que notre exil, à l'instar de celui de tous mes autres compatriotes sincères, n'est pas fait d'aller- retours (comme si de rien n'était) au pays ou de villégiature et sécurité alimentaire à l'étranger que l'octroi de permis de séjour aura rendu possible à certains qui ont pu refaire leur vie, en se nourrissant du sang de notre communauté et de ses martyres. C'est dire que seule une telle vampirisation de la cause de notre peuple a pu discréditer et freiner la clarté de la lutte du plus grand nombre de réfugiés à l'étranger.
Cet exil n'a, pour nous, de sens que dans la continuation sans faille de la lutte contre le modèle d'État ethnocratique nous excluant de notre droit à l'existence et aucune bonne raison ou aucune tentative de séduction-sédition ne saurait nous arrêter dans cet engagement.

En l'occurrence, Il est bon de rappeler, pour terminer, un des traits fondamentaux de notre caractère et de nos convictions et manière d'agir. Nous ne sommes pas pétris dans la glaise du radicalisme aveugle, de l'arrogance ou du refus de toute négociation qui irait dans le sens de la réduction de notre calvaire pour nous rapprocher de la réalisation de notre projet pour la Mauritanie. Mais qu'on ne s'y trompe jamais, notre éducation, basée sur une certaine épaisseur éthique, ne peut nous conduire à trahir la parole donnée, à renoncer à l'engagement pris. Surtout lorsque les droits du peuple auquel nous appartenons - donc, nos propres droits- sont spoliés. 
Cela ne veut pas dire que nous sommes le seul dépositaire de cette éthique. Nous n'avons nullement réinventé la roue. Mais notre vécu et notre pratique quotidiens sont le meilleur livre de lecture de notre essence profonde. 

Après le séisme du 08 juin qui a ébranlé les assises du colonel Taya, nous assistons à un chamboulement et une redéfinition de la confiance au sommet de son régime. Pensez-vous là à 
des signes annonciateurs d'une chute prochaine ?


Votre question est une question ouverte qui demande un certain détour.
Permettez-nous d'abord alors d'insister sur le fait que nous condamnons toujours le recours au putsch comme mode d'accès au pouvoir, comme Ould Taya l'a fait, ainsi que tous ceux qui sont parvenus au pouvoir, à partir de 1978. 
Certains enseignements du putsch manqué redéfinissent plus clairement les termes de la confiance entre les acteurs au sommet de l'État. Il en dit, également, long sur le racisme de cet État et sur les luttes tribales, désormais, plus ouvertement engagées, pour le partage du gâteau, après un travail de près d'un demi-siècle de marginalisation des Noirs des centres de décisions. 

Le putsch a davantage montré ce que les négro-mauritaniens pouvaient représenter pour Ould Taya. Et cela, nous l'affirmons jusqu'à preuve du contraire.
Qu'on se souvienne, en effet, la condamnation à mort, et dans la réprobation générale, de certains des meilleurs fils du Fuuta pour un soi-disant " putsch en préparation ", en 1987. Ne me parlez surtout pas de contexte, car il s'agit ici d'un état d'esprit et d'une programmation sans faille de la disqualification d'une communauté nationale au profit d'une autre.

Disqualification qui laisse dans l'impunité ceux qui, pendant 36 heures, ont massacré des Mauritaniens avec des avions et des tanks, et qu'on laisse facilement sortir du pays, alors que Nouakchott était verrouillé. Cela dépasse l'entendement. Aucune réal-politik ne peut justifier à nos yeux cette insulte. 

Nous sommes convaincus que ce coup d'État manqué, contre " l'homme- providence " qui avait accepté de jouer la carte des nationalistes arabistes, entre 1985 et 2003, pour la radicalisation de l'emprise de l'ethno-classe raciale sur les rouages de l'État, visait à remettre également en cause les privilèges de quelques deux ou trois tribus du Nord, bénéficiaires principales des moyens de l'État et de la manne financière qui tombe chaque année dans le panier de l'économie nationale. 

Rien n'aurait changé pour les Noirs avec ce putsch du 08 juin. Même pas la remise en question des modes d'allocations de crédit aux opérateurs économiques mauritaniens dont seuls 3% sont consentis, depuis 1966, aux opérateurs négro-africains. Tout comme, il n'a jamais été question qu'un ambassadeur noir représente notre pays au Sénégal, depuis 1966. 

Ce n'est pas le modèle d'État ethnique et tribal que le putsch manqué voulait remettre en cause. C'est contre l'exclusion de ses auteurs des privilèges qui est au cœur de l'action menée, sous forme de règlement de comptes, malgré le maquillage patriotique tardif qu'on a voulu lui donner.

Ce putsch a ouvert la porte à toutes les aventures. Il a fragilisé le régime (et, par ricochet, est en train de le renforcer) et montré clairement que l'armée est une institution vermoulue. Une armée traversée par les mêmes contradictions que le reste de la société. 

L' échec du putsch est devenu même, nous semble t-il, bénéfique parce qu'il nous évite de croire au miroir aux alouettes et des lendemains qui nous éloigneraient davantage de la solution de la question nationale. Sa réussite nous aurait fait croire que notre calvaire était fini, notre calvaire à nous, les opprimés, alors qu'elle pouvait radicaliser les acquis des nationalistes qui ont travaillé des décennies pour créer l'État éthnique. C'est la dérive tribale et non raciale que le putsch était venu combattre pour le compte de ceux qui ne voulaient pas que " le bateau coule ". Le capitaine, lui, il peut disparaître. Pas le bateau. Il ne reste alors au Capitaine du bateau, que notre communauté connaît mieux que les putschistes, pour tendre la main aux négro-mauritaniens de service pour se donner une nouvelle virginité. 

Le racisme profond des putschistes a, très curieusement et malgré lui, sauvé le régime de Ould Taya. Ce n'est pas le président du Sénat qui me contredira.
En effet, quand il s'est agi de savoir qui dans les premières heures du putsch quelle personnalité de l'État pouvait remplacer Ould Taya pour quelques heures pour convaincre le reste du gouvernement et l'armée à la reddition, Ould Hannana reçut la réponse du Président de la Cour Suprême (d'Aïoun, comme lui) disant que la seule personne officiellement habilitée était Mr. Dieng Boubou Farba, président du Sénat. La réponse de Ould Hannana tombera comme un couperet : ce serait grave qu'un nègre remplaçât, même pour quelques heures, le président de la République qui, depuis l'indépendance a toujours été un Maure. C'est devenu une tradition, une loi non écrite chez nous : " un Maure doit diriger la Mauritanie ". 
Un président noir ? Même pour quelques heures ! le réflexe psychologique maure, même le plus progressiste, commence d'abord par chasser automatiquement cette éventualité de son atlas mental en cherchant dans les statistiques démographiques l'impossibilité de sa légitimité. Le mal est beaucoup plus profond qu'on ne le pense. Il dure un demi-siècle et s'ajoute à la dérive raciale du concept d'esclave et le préjugé psycho-culturel tenace chez le nomade qui aurait une subtilité intellectuelle plus grande que le sédentaire. 

Mais, en même temps,ce putsch enlève le mythe de la puissance du régime et redonne du courage à tous ceux qui en avaient peur. Même l'opposition, qui avait finit par tergiverser sur ses chances aux futures élections présidentielles. C'est sans compter avec notre culture politique. Le capitaine du bateau ne se laissera pas facilement abattre, une fois qu'il a échapper à la mort. 
Le putsch l'empêche plutôt d'abandonner le pouvoir sans se battre et il est, plus que jamais, déterminé à se battre. Parce que confirmé dans ses doutes de la trahison programmée de son entourage. Le système tribalo-financier, tissé autour de lui et les criminels des années 80-90 ne le laisseront les entraîner dans sa chute. Il l'aidera par tous les moyens - s'ils n'étaient tentés de l'assassiner- à se maintenir au pouvoir pour négocier une sortie " honorable " et sécurisante. 

Le facteur géostratégique pourrait, également, intervenir ici pour le maintenir à l'instar des Bongo, Eyadéma, Kim Il Sung, Castro. Il a un atout puissant : il contrôle encore l'État et l'administration lui est acquise. Et ce n'est pas le Sénégal, le Maroc ou le Mali qui ont, chacun en ce qui le concerne, un problème casamançais, sahraoui ou touareg, qui aideraient à le renverser sans garantie de stabilité régionale.

Bien sûr, le putsch a redéfini le paysage politique au sommet de l'État. Les fronts de résistance actuels qui se dessinent au Nord et à l'est du pays, l'arrivée à Nouakchott de 600 talibans, venus d'Afghanistan, les militaires qui menacent dans les casernes, relèvent tous des effets induits du putsch manqué. Mais, rien n'indique de leur part une volonté de résoudre la question nationale.
Ould Taya sait que rien ne lui sera plus pardonné du côté maure, car, de ce côté-là, n'importe quel aventurier peut désormais se présenter comme candidat à la prise du pouvoir.

Ould Taya se sentait, hier, " trahi par les Négro-africains ". Mais, avec quels Négro-africains avait-il passé un contrat de confiance et dont la violation devait être payée par le crime de génocide, la spoliation des terres, d'autres biens, de la sécurité physique et morale, de la violation de l'identité et de l'histoire de toute une communauté? Pourtant, ce sera vers cette communauté qu'il ira pour trouver son salut. Il y a assez de nègres sans projet politique pour l'appuyer en vue de satisfaire leurs intérêts personnels, mais, toujours au détriment de leur peuple.

En définitive, après ces hypothèses, nous ne croyons pas que le putsch manqué soit un indicateur de la chute prochaine du régime. Cette chute partira de la base et non du sommet. Nous en reparlerons plus loin.

Depuis l'annonce des présidentielles, le PRDS connaît des défections chroniques au profit de l'opposition et ce malgré sa capacité soutenue de corruption et d'intimidation.
Comment expliquez-vous ce brusque revirement ?


Nous expliquons ces revirements par deux hypothèses possibles. 
Les uns, ayant fait des pieds et des mains pour partager le gâteau économique et politique au sein du PRDS, avaient déduit de l'isolement et de la fragilisation du régime, juste après le putsch, que leur salut serait d'aller butiner ailleurs.. Mais, ces opportunistes ne sont pas dupes. Ils préfèrent une corruption de longue durée en développant la stratégie du bouffon auprès des candidats les mieux lotis que de nettoyer le nez des chameaux de ceux dont le pouvoir arriverait à son terme. D'après leur analyse. Les bases sociologiques et idéologiques de l'opportunisme en Mauritanie sont faciles à décrire

Les autres, éclaireurs et gardiens du Temple, ne seraient que des émissaires du régime pour paralyser l'action des candidats de l'opposition démocratique, capables de profiter du ras de marée populaire, né des effets induits du putsch manqué, qu'ils pourraient capitaliser. 

Le chef de l'Etat jouera t-il la transparence ?

S'il joue la transparence, il s'expose à une mort politique et, peut-être physique, certaine. Il ne peut jouer la transparence. Il ne laissera plus de chance à l'opposition comme lors des législatives passées.
Il jouera son va tout pour gagner au premier tour. Des détails révélateurs en disent déjà long sur les pièges tendus à l'opposition. 
Ould Boulkheir, qui se trouve au moment où nous vous parlons à R'kiz, ne pouvait, il y a quatre jours, entrer dans Kiffa, verrouillé parce que le président sortant y animait un meeting. Il lui avait fallu accepter de garer à près de trois km de la ville ses voitures pour marcher jusqu'à la place où il devait tenir le sien.
Un autre détail est le comportement du directeur de campagne de Ould Haidalla, jugé par le régime comme le candidat capable de basculer la donne. Il octroie 700.000 UM à Aleg pour la campagne présidentielle de Ould Haidalla, contre 30.000 UM à Boghé, dix fois plus peuplé qu'Aleg (la tente du candidat Haidalla, à son arrivée, était quasi vide d'homme, même s'il y avait beaucoup de musique). 

Ce directeur ne donnera à Rosso (l'étape de Haidalla du 02 novembre) que 100.000 UM. C'est dire, la partie négro-africaine du pays est la plus stérilisée financièrement pour un candidat sur lequel elle croit pouvoir compter, malgré le comportement d'un directeur de campagne, toujours enclin à s'opposer à recevoir ou à donner le moyen aux représentants de la frange la plus opprimée de voir Haidalla, en direct.
Le reste de l'argent s'est volatilisé. Où ? 

Nous soupçonnons un sabotage par le haut de la campagne d'un des candidats le plus craint par le régime. Le sabotage par le bas sera l'œuvre des préfectures. 

Nous connaissons, en outre (nous ne disons pas qu'ils sont mis à contribution) les liens souterrains qui existent entre le patron de l'UFP et le directeur de campagne de Haidalla. Leurs deux mères sont des sœurs. Cela compte dans nos sociétés encore lignanières, basées sur certaines loyautés. Le patron de l'UFP, le président de la République et le directeur de campagne de Haidalla partage la même tribu d'origine (Torkoz).

Mais, il faut plus pour freiner l'élan de Haidalla et la détermination des couches négro-africaines et de leurs représentants, à Boghé ou à Rosso, qui ont préféré renoncer à l'argent alloué pour conduire la campagne du candidat, selon leurs moyens.

Là n'est pas le vrai problème. L'argent n'est pas le seul instrument dans la quête du changement du pouvoir.Partout où nos trois candidats de l'opposition démocratique passent, ils soulèvent l'enthousiasme des masses.

Mais, le piège se referme sur eux dans les localités de l'intérieur du pays. Sous les youyous, un double processus est en train de s'opérer. 
Ould Taya fera tout pour qu'il y ait un semblant de transparence dans les grandes villes accessibles aux étrangers et aux stratèges de ses challengers. Même si déjà, au niveau du ministère de l'intérieur, des spécialistes de l'informatique seraient en train de travailler à certaines falsifications de données de l'Etat civil.

Là où viendra la surprise dans les résultats, se sera le vote dans les régions. Elles seront favorables à Ould Taya pour des raisons simples.

Le cas de fraude pré-electorale qui est en cours dans le département de R'kiz est révélateur du reste, on ne peut plus clair sur la position de l'administration en faveur du chef de l'Etat. 

Le 31 octobre 2003, à la préfecture de R'kiz, se tenait une réunion présidée par le gouverneur de Rosso et à laquelle participent les maires des diverses communes du département ainsi que les chefs des bureaux de vote qui sont tous membres du PRDS. Il y est décidé que le préfet donne les lots de cartes d'électeurs aux maires. Il est décidé que ces cartes seront distribuées pendant 48 heures, sans être accompagnées de listes électorales. Une fois ces 48 h écoulées, la distribution est terminée et le reste des cartes ne sera remise aux électeurs que le jour du vote. C'est ce qui se passe à Tékane dont le chef d'arrondissement et le commissaire de police, chez lesquels les électeurs lésés pouvaient se rendre, sont logés à 5km de là, à Ater (Lmeleïga), entouré par l'inondation.

Sans accompagnement des listes électorales, il est impossible d'en vérifier les destinataires et les partis d'obédience. D'ailleurs, l'administration y ajoute la migration de centaines, voire de milliers d'autres listes dans des localités difficilement accessibles . Plus de 160 listes d'électeurs tékanois, favorables à Ould Daddah , sont transférées à R'kiz-ville, à 65km, au nord de Tékane. D'autres sont signalées à Oumou Kara (Paala), toujours au nord de Tékane, mais rendu difficile d'accès par les inondations, à moins de 5 jours du jour J des élections. 
Face aux contestations des représentants des candidats de l'opposition, le gouverneur de Rosso dit simplement qu'il n'y aura aucun chef de bureau de vote hors de ceux qui seront choisis par l'administration. Ces chefs de bureaux seront, en outre, les seuls responsables du contrôle des listes le jour du vote. Il aurait déjà reçu l'ordre d'expulser tout représentant de candidats de l'opposition qui serait convaincu de " troubler l'ordre publique " le jour du vote du 07 novembre.

Pour le reste de l'histoire, les listes électorales ne sont affichées qu'à R'kiz -Préfecture. Que les électeurs qui ont assez de détermination et qui veulent savoir s'ils y figurent, fassent le voyage de R'kiz, via Rosso (à 75 km de Tékane) ; soit 140km, sans garantie d'y trouver leur nom.

Quand aux procès-verbaux, il n' y aurait pas de copies, selon le préfet. Il faudra aux représentants des candidats se rendre à Nouakchott, au ministère de l'intérieur, pour y contrôler le contenu. 

Cette relation est très éloquente sur le fait que même s'il y avait des observateurs étrangers, jamais le régime ne leur donnerait les moyens de contrôler les élections dans un pays si vaste, si par souci de transparence, le pouvoir ne permettait pas aux partis et candidats de l'opposition d'avoir la possibilité de contrôler sur place le scrutin. La fraude et la provocation ont bel et bien commencé. Il en sera ainsi dans toutes les régions.

Si l'on y ajoute qu'à côté d'une administration fidèle, les chefferies traditionnelles sont remises à l'honneur avec salaires pour leurs chefs (imaginez 5000 collectivités traditionnelles plus les autres nées avec l'indépendance !) pour soutenir localement le verrouillage opéré et faire pièce à toutes les actions en faveur du changement. 

Même s'ils manifestent une certaine volonté de changement, les candidats de l'opposition se sont ils assez prononcés sur la question nationale ?

Personne ne pourra construire une nation harmonieuse en Mauritanie s'il faisait l'impasse sur la question d'une saine cohabitation entre nos composantes nationales et la réalisation des droits collectifs et individuels de tous les mauritaniens.

En fait, la question nationale est devenue le débat central en Mauritanie. Les questions sur la démocratie, sur l'esclavage, l'unité nationale ou le développement du pays et les équilibres géopolitiques de la Mauritanie et de la sous région en dépendent désormais. Nous avons toujours mis en avant, des années durant, une pédagogie de la chose.

La stabilité de la Mauritanie, la reconnaissance de l'identité d'une Mauritanie pluri-ethnique et pluri-culturelle, le problème d'accès équitable aux ressources nationales, la promotion sociale et des patrimoines culturels de toutes nos composantes dépendent de la solution correcte de cette question. Sa racialisation est le fait des différents régimes qui ont servi l'ethno-classe qui a fait dériver la construction du pays sur le terrain de l'ethno-nation. C'est maintenant clair pour tous.

Si un de nos trois candidats arrivait au pouvoir pour remplacer simplement Ould Taya, il nous aura sur le dos. Puisqu'il satisfait des ambitions personnelles au détriment de la construction d'un Etat national moderne et d'une société de justice. Il aura trahi l'espérance de la mise en place, définitivement, d'un Etat.-nation, non ethnique, non tribal, non racial, mais un instrument d'émancipation et de concorde de tous les Mauritaniens.

C'est clair que l'alternance est à ce prix. Maawiya, lui-même a compris qu'il ne peut plus pousser le pion de l'ethno-nation plus loin. Il semble que s'il passait à un troisième mandat, il chercherait à devenir le président de tous les Mauritaniens et non d'une seule ethnie. Mais, il lui faudra alors transformer l'État de fond en comble. Il n'est pas cet homme. Ce serait trop beau. Par contre, nous sommes convaincus que nos trois autres candidats de l'opposition démocratique ont à cœur ce problème. Bien que pour des besoins de stratégie électorale, ils ne disent pas toujours tout.

 





Ajouté le 02/10/2010 par OCVIDH Nouvelles Samedi 2 octobre 2010 M-à-J 03:20 - 1 réaction(s)

Les réactions

Repose en paix, Professeur Kane, grand homme et grand militant de toutes les causes.
RIP
Oumou

Le 04-10-2010 à 11:54:42 par Oumou Sakkal

Réagir