
Qui a vu Kunta Kinté ?

Kunta Kinté, du nom de ce héro du film de la traite négrière d’Alex Halley. L’image du personnage central de cette intéressante saga est revenue à nous à la découverte de la bestialité d’Ain Farba. C’est aberrant, incroyable, me dit un ami au téléphone et de conclure : «Cette photo des détenus d’Ain Farba venus aider à libérer des présumés esclaves me rappelle exactement la matérialisation physique des scènes abominables des esclaves enchainés et entassés dans les cales des bateaux traversant l’Atlantique ». Oui, mais on est en Mauritanie et en 2012. Inutile donc de rappeler la date de cette triste et sombre histoire de l’humanité qu’est la traite négrière. Des militants des droits de l’homme venus se plaindre devant l’autorité compétente, jetés dans le cachot (toilettes) parce qu’ayant osé dénoncer le laxisme des autorités face au traitement des cas liés à l’esclavage.

L’autorité locale, symbolisée par le commandant de brigade, a agi avec une inspiration on ne peut plus cynique : quatre citoyens arrêtés et jetés dans la cellule (toilettes), enchainés les uns avec les autres et quasiment nus (en caleçon) ; l’acte est répugnant et indigne des hommes de notre siècle. Et l’auteur qui dit avoir agi sous des ordres, crie à la manipulation des images. Le ridicule ne tue plus. Le forfait est indescriptible. Il y a réellement de quoi paniquer. Des militants des droits de l’homme et journalistes nus, enchainés et enfermés dans une loge pour avoir agi en citoyens de droit et de devoir relève d’une inhumanité sans bornes. Ils ont cru au droit de manifester pacifiquement dans un pays supposé de droit. Ces citoyens humiliés ont tout simplement demandé la manifestation de la vérité et la force de la loi de la République auprès de la force publique contre des présumés contrevenants. Et la force de la barbarie s’est abattue sur eux. Ce n’est pas pardonnable ! Les responsables de cette ignominie et leurs semblables continuent de se comporter en vrais virus qui rongent la Mauritanie. Quelle image de la Mauritanie, quelle souffrance mais aussi quel recul pour un pays qui nous a tout donné ! Ce qui s’est passé à Ain Farba est horrible. Les présumés esclavagistes libres et leurs dénonciateurs dans le cachot, comme des bêtes sauvages. Quand serons nous capables de faire du positif dans ce pays ? Pourquoi acceptons-nous de baigner dans la honte et l’incompréhension ? Quel plaisir a-t-on d’accumuler ainsi des frustrations dans une société grandement désarçonnée ? Pourquoi dans ce pays, à l’ère de celui qui se fait appeler président des pauvres, le pauvre reste-t-il dans sa pire forme, sans droit ni devoir ? Qu’est-ce que cela coûte à nos forces publiques d’agir en hommes responsables au service de la loi ? La loi, dans sa connaissance et pour son application à l’égard de tous, c'est-à-dire l’égalité des citoyens devant celle-ci. Est-ce trop demandé ?
Seydi Moussa CAMARA © La Nouvelle Expression du 22 janvier 2012
Ajouté le 21/01/2012 par Seydi Moussa CAMARA © La Nouvelle Expression du 22 janvier 2012 - 2 réaction(s)



On nous pend comme des bêtes sacrifiées lors d'un jour comme la commémoration de l'indépendance et vous vous étonnez que des agissements pareils ne s'effectuent. Les donneurs d'ordre nous méprisent. Ils nous méprisent à travers l'esclavage notre histoire en laquelle nous avons largement contribué.
Ne vous trompez pas de combat. Le combat contre l'esclavage est le combat de toute personne munis du bon sens en particulier la communauté noire dont les séquelles ont lourdement handicapé cette même communauté tout pan confondu. Le combat de l'IRA et TPMN sont les mêmes combats. La situation du "négro africain" de Mauritanie et de la bande soudano sahélienne provient du passif séculaire qu'est l'esclavage. Le passif humanitaire récent et le racisme d'état prennent leurs sources dans le passif séculaire que représente l'esclavage. Il est grand temps que vous compreniez que celui qui a soumis, dépersonnalisé un pan de vôtre fratrie et vous a conduit à participer à son avilissement, à sa dépersonnalisation jusqu'à pouvoir le retourner contre vous risque de n'avoir que de la pitié, de la compassion ou même du mépris à votre égard.
Revisitez votre histoire comprenez ce qui vous est arrivé : le drame commun. Que l’on ait été du côté des rabatteurs noirs d’esclaves que l’on ait été du côté de ceux qui ont subit cet esclavage le drame qui en a découlé : le dépècement du continent, sa désorganisation, son démantèlement nous est commun. La douleur est commune les handicaps issues des séquelles ont fini par nous affecter tous, tout pan confondu.
Revoyez et revoyez encore si possible ROOTS de Alex HALEY, méditez-le et assumons notre histoire.
La cause est commune. Comprise, non comprise, assumée, non assumée, la cause des noirs en Mauritanie est commune : Abattre le racisme d’état qui a comme conséquence la persistance de l’esclavage et la relégation de l’homme noir à une sous catégorie de citoyens.
Que l’on nous méprise de la sorte n’est pas étonnant, que l’on nous traite de la sorte n’est pas étonnant plus étonnant est que nous tardions à en comprendre les causes profondes.
Le 23-01-2012 à 13:56:14 par Djibril BA
On nous pend comme des bêtes sacrifiées lors d'un jour comme la commémoration de l'indépendance et vous vous étonnez que des agissements pareils ne s'effectuent. Les donneurs d'ordre nous méprisent. Ils nous méprisent à travers l'esclavage notre histoire en laquelle nous avons largement contribué.
Ne vous trompez pas de combat. Le combat contre l'esclavage est le combat de toute personne munis du bon sens en particulier la communauté noire dont les séquelles ont lourdement handicapé cette même communauté tout pan confondu. Le combat de l'IRA et TPMN sont les mêmes combats. La situation du "négro africain" de Mauritanie et de la bande soudano sahélienne provient du passif séculaire qu'est l'esclavage. Le passif humanitaire récent et le racisme d'état prennent leurs sources dans le passif séculaire que représente l'esclavage. Il est grand temps que vous compreniez que celui qui a soumis, dépersonnalisé un pan de vôtre fratrie et vous a conduit à participer à son avilissement, à sa dépersonnalisation jusqu'à pouvoir le retourner contre vous risque de n'avoir que de la pitié, de la compassion ou même du mépris à votre égard.
Revisitez votre histoire comprenez ce qui vous est arrivé : le drame commun. Que l’on ait été du côté des rabatteurs noirs d’esclaves que l’on ait été du côté de ceux qui ont subit cet esclavage le drame qui en a découlé : le dépècement du continent, sa désorganisation, son démantèlement nous est commun. La douleur est commune les handicaps issues des séquelles ont fini par nous affecter tous, tout pan confondu.
Revoyez et revoyez encore si possible ROOTS de Alex HALEY, méditez-le et assumons notre histoire.
La cause est commune. Comprise, non comprise, assumée, non assumée, la cause des noirs en Mauritanie est commune : Abattre le racisme d’état qui a comme conséquence la persistance de l’esclavage et la relégation de l’homme noir à une sous catégorie de citoyens.
Que l’on nous méprise de la sorte n’est pas étonnant, que l’on nous traite de la sorte n’est pas étonnant plus étonnant est que nous tardions à en comprendre les causes profondes.
Le 23-01-2012 à 19:32:58 par Djibril BA