Mauritanie : Pourquoi le Général Ould Hadi a été écarté

 

Mauritanie : Pourquoi le Général Ould Hadi a été écarté

mardi 31 janvier 2012/ 11:35

 

 

La permutation de postes entre le Général de la gendarmerie, Ahmed Ould Bekrine (Secrétaire Général du ministère de la Défense) et le général de l’Armée, Mohamed Ould Hadi (Directeur de la Sûreté) cache-t-elle quelque chose au sein de l’appareil sécuritaire de l’Etat ? En tous cas, la décision, passée en conseil des ministres il y a deux semaines, venait tout simplement officialiser une information qui était déjà bien connue, la veille.

En effet, mardi tout au long de la soirée, des informations avaient circulé, faisant état d’un « important mouvement » au sein de la hiérarchie militaire.

On a parlé de la nomination du Général Mohamed Ould Znagui, chef d’Etat-major adjoint de l’Armée au poste de Chef d’Etat-major de la Garde Nationale, en remplacement du Général Félix Negri ; du colonel Mohamed Lemine Ould Mohamed, commandant de la 3° Région Militaire (Atar) au poste d’Adjoint du Chef d’état-major de l’Armée.

Depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en Mauritanie, en 1978, c’est la première fois qu’un officier n’appartenant pas au corps de l’armée accède à la tête de la Sûreté, hormis les passages éphémères du capitaine de la gendarmerie, Jiddou Ould Haki, à la tête de la police, mais qui était sous les ordres du commandant Athié Hamath, directeur de la Sûreté Nationale ; et celui d’Ahmedou Ould Moichine, remplacé par le capitaine Mohamed Lemine Ould N’Diayane, au lendemain de la tentative avortée du coup d’Etat du 16 mars 1981.

Pour certains observateurs, le fait que l’ancien patron de la Sûreté soit congédié dans un bureau « civil » sous les ordres d’Ahmedou Ould Idey Ould Mohamed Radhi, un proche du général Ghazouany veut dire ce que cela veut dire, si l’on connait les rapports exécrables, supposés et réels, entre le chef d’Etat-major et numéro 2 du régime et l’ancien chef de la Sûreté.

 

 

Que reproche-t-on au Général Ould Hadi ?

 

 

Ancien Attaché militaire à Rabat, le colonel Ould Hadi est nommé, à la tête de la direction de la Sûreté Nationale en mai 2008, presqu’en même temps que l’Ambassadeur de Mauritanie au Maroc, Cheyakh Oud Ely qui hérite du poste de directeur de cabinet du président Sidi Ould Cheikh Abdellahi. C’est ce qui amène plusieurs observateurs à penser que la mise à l’écart de l’ancien patron de la police est aussi identique à celle qui aurait écarté Cheyakh Ould Ely, nommé Ambassadeur à Paris, il y a quelques mois ; les deux hommes réputés proches du royaume chérifien.

A la veille de son limogeage, Ould Hadi rentrait d’une visite aux Emirats Arabes Unis « pour tirer profit de l’expérience de ce pays dans le domaine sécuritaire » où il s’est rendu à la faculté de police d’Abou Dhabi.

Mais quelques jours auparavant, il eut à séjourner au Maroc, où il aurait tenté, en vain, de réchauffer les relations mauritano-marocaines.

Au matin 6 août 2008, quand Ould Cheikh Abdellahi limoge les principaux chefs militaires, c’est Ould Hadi qui, enfilant son treillis, avait rejoint Aziz au Basep et l’aurait poussé à « prendre le vieux marabout-président », devenant ainsi une pièce centrale du coup d’Etat, Ould Ghazouny étant absent et Félix Negri ayant eu la mission d’arrêter le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement renversé.

 

Henoune

La Presse du 29 janvier 2012

 

 



Ajouté le 29/01/2012 par Henoune La Presse du 29 janvier 2012 mardi 31 janvier 2012/ 11:35 - 1 réaction(s)

Les réactions

Le général Ould Abdelaziz fragilisé
Posté le : 31 janvier, 2012

En se débarrassant du général Mohamed Ould Hady de la direction générale de la sûreté nationale, le président Ould Abdelaziz l’a remplacé au pied levé par le général Ahmed Ould Bekrin qui subissait jusque-là une pénible traversée du désert. Chef d’état-major de la gendarmerie nationale jusqu’en 2009, Ould Bekrin avait été débarqué suite à l’enlèvement la même année de trois humanitaires espagnoles entre Nouakchott et Nouadhibou. Il fut nommé secrétaire général du ministère de l’Intérieur. Un poste purement administratif et qui n’a aucune importance en Mauritanie. Pour sa part, le général limogé Ould Hady qui faisait partie d’un quarteron de généraux influents à Nouakchott, n’a rien vu venir. D’après des membres de sa famille, sa relation avec le président était tendue ces derniers jours, comme l’est d’ailleurs celle du d’état-major le général Ould Ghazouani. Selon un homme d’affaires français qui a ses entrées au palais présidentiel à Nouakchott, la gestion actuelle du général Ould Abdelaziz rappelle furieusement les deux dernières années de Mouaouiya Ould Tayaa. Cette valse des généraux les plus puissants laissera, d’après lui, des séquelles qu’il serait difficile de faire oublier, d’autant plus que l’affaire de Badr, l’un des fils du président qui a tiré avec une arme à feu sur une fille lors d’une soirée mondaine, n’a pas arrangé l’atmosphère. Plusieurs chefs de tribus et des généraux commencent à trouver que le président Ould Abdelaziz et sa famille en font trop.

La « Mauritanie puritaine » qui a chassé Ould Tayaa réagira tôt ou tard. De la à dire qu’Ould Abdelaziz est sur la sellette, il n’y a qu’une petite dune que beaucoup de spécialistes n’hésitent plus à franchir.

Le 31-01-2012 à 15:39:09 par MAGHREC iNTELLIGENCE

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