
Sénégal : Paris exprime sa solidarité à Youssou Ndour blessé mardi
PARIS - La France exprime ses condoléances aux familles des victimes récentes au Sénégal ainsi que sa solidarité et ses voeux de rétablissement à Youssou Ndour et à tous les blessés de ces derniers jours, a déclaré mercredi le ministère français des Affaires étrangères.
La France regrette vivement que l'action des forces de l'ordre ait fait des morts et de nombreux blessés parmi les manifestants, a ajouté dans une déclaration le porte-parole adjoint du ministère, Romain Nadal.
Mardi, le chanteur et opposant sénégalais Youssou Ndour a été blessé à une jambe lors de la dispersion de manifestants à Dakar.
Préoccupée par la dégradation de la situation au Sénégal à quelques jours du scrutin présidentiel, prévu dimanche, la France demande que lintégrité physique de tous les manifestants soit respectée, a ajouté Romain Nadal, en rappelant que Paris était attaché à la liberté dexpression et de manifestation comme le prévoit le code électoral sénégalais.
Nous appelons le gouvernement à tout faire pour garantir les libertés fondamentales, en particulier la liberté d'expression et de manifestation, a-t-il insisté.
Le Sénégal doit préserver sa tradition démocratique et assurer son avenir dans le cadre dune campagne faisant toute la part au pluralisme et dans le respect du calendrier électoral, a-t-il conclu.
C'est la première fois que le Quai d'Orsay mentionne Youssou Ndour dans une déclaration depuis le début de la campagne électorale. Lorsque le Conseil constitutionnel avait rejeté sa candidature, Paris s'était borné à regretter que toutes les sensibilités ne soient pas représentées lors de l'élection.
(©AFP / 22 février 2012 14h07)
Ajouté le 20/02/2012 par (©AFP / 22 février 2012 14h07) - 1 réaction(s)



Sénégal : des membres de Y'en a marre plaident non coupable, délibéré lundi
DAKAR - Des membres du collectif citoyen de jeunes Sénégalais Y'en a marre, inculpés de participation à une manifestation interdite, ont plaidé mercredi non coupable à leur procès à Dakar, mais le procureur a requis 6 mois de prison avec sursis.
Le jugement a été mis en délibéré au 27 février, a déclaré la présidente de l'audience du tribunal départemental de Dakar.
Le parquet avait auparavant demandé que les quatre membres de Y'en a marre soient condamnés à une peine de prison de six mois avec sursis.
Ce dossier est vide. C'est un procès politique, s'est écrié Me Boucounta Diallo, un des avocats de la défense qui a plaidé la relaxe pure et simple des prévenus qui figuraient initialement parmi un groupe de sept inculpés dont trois ont ensuite été libérés sans poursuite.
Parmi les quatre inculpés, figurent deux des leaders de Y'en a marre, les rappeurs Kilifeu et Simon.
La Constitution me donne le droit de manifester. Nous étions sur les lieux de la manifestation pour dire aux jeunes qu'elle a été interdite mais les policiers nous ont chargés et arrêtés, a déclaré à la barre Simon.
Ces jeunes comparaissaient pour avoir voulu participer le 16 février à un sit-in permanent jusqu'au retrait de la candidature du chef de l'Etat Abdoulaye Wade à la présidentielle de dimanche, organisé sur la Place de l'Obélisque à Dakar et interdit par les autorités.
Une vingtaine de membres de Y'en a marre, dont Kilifeu et Simon, avaient alors été arrêtés par la police. Ils avaient été conduits dans deux commissariats de Dakar, selon Y'en a marre, qui a affirmé que plusieurs avaient été tabassés, torturés par les policiers.
Le ministre de l'Intérieur Ousmane Ngom avait qualifié le sit-in permanent dénommé Fanaan (veillée, en langue nationale wolof), de délit de vagabondage pour occuper une place en y campant et créer un fait accompli.
Y'en a marre, qui fait partie du M23, en est une des organisations les plus en pointe dans le combat anti-Wade. Le procès de ses jeunes militants a lieu dans un climat de tension au Sénégal, lié à la contestation de la candidature de M. Wade, 85 ans dont douze au pouvoir, qui se représente pour un nouveau mandat après sa première élection en 2000 et sa réélection en 2007.
Les dernières tentatives des opposants rassemblés au sein de Mouvement du 23 juin (M23, partis et organisations de la société civile) de participer au centre-ville de Dakar à des manifestations interdites se sont soldées par des violences entre manifestants et policiers, qui ont fait deux morts depuis le 17 janvier.
Au moins six personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées ou arrêtées depuis fin janvier dans tout le Sénégal lors de violences.
(©AFP / 22 février 2012 17h35)
Le 22-02-2012 à 18:11:38 par AFP