Rencontre avec ... L' OCVIDH (29 juin 2003)



]




Rapport de la journée annuelle de l'OCVIDH
célébrée le dimanche 29 juin 2003 à la bourse du travail de Massy-Palaiseau
Sous le signe de la fête les participants arrivaient dans l'ambiance musicale. Une heure durant de retrouvailles fraternelles, avant le début de la première conférence, l'occasion de la remise en oeuvre de la tradition de lutte de l'OCVIDH pour une remémoration continuelle de la violence structurelle dont fait l'objet le peuple mauritanien. Celle-ci étant doublée d'une violence physique notamment renforcée depuis l'accession de Maawiya Sidy Ahmed Taya à la magistrature suprême le 12 décembre 1984, suite à un coup d'état.
La recension d'un ensemble de sujets préoccupants donne un répertoire très vastes qui dans la situation actuelle des droits de l'homme en Mauritanie mérite une réflexion approfondie en concomitance avec un plan d'action. Car des points de vue social, économique et politique, une posture distincte est remarquable selon la stratification en race de la société, conséquemment la mobilité sociale.
Le choix d'un objet de discussion accorda pour une première fois l'honneur au thème de la "Place de la femme dans la société mauritanienne", développé à juste titre, sous la présidence de Moktar Touré, à travers divers points d' appréhension, respectivement anthropologique, sociologique, politique, par :
_ Mlle Oumou Barro Sow, Le statut matrimonial de la femme dans la société mauritanienne ;
_ Mme Sy Aminata Ba, Femme et développement ;
_ Mme Fall Fatimata, Les femmes dans le combat des droits de l'homme, le cas des femmes réfugiées politiques .
_ Un dernier thème animé par Diagana Abdoulaye fut incidemment objet de débat en considération du dernier développement de la vie politique nationale, avec l'effervescence sociale temporaire induite par la tentative de coup d'Etat manquée du 8 au 9 juin, conduite par division de l'armée sous la houlette d'une faction militaire et politique d'obédience nasseriste -bathiste vraisemblablement suscitée par la tribu des oulad Nassir.
L'ensemble des sujets de réflexion convergent en leur inscription primordiale dans le souci d'entendre une interprétation féminine des faits sociaux vécus par les mauritaniens. Aussi la place de la femme mise en vedette lors de la journée trouve une résonance particulière par l'énumération faite par Barro Sow, de son statut de mère, soeur, épouse, et de ses fonctions, transmetteur de normes sociales et de valeurs culturelles, mais aussi convient-il de la reconnaître comme actrice émergente dans la vie socio-politique pour constituer une cible privilégiée des projets de développement. Toutefois il a fallu un long parcours pour en arriver au stade du dernier avatar de la position de la femme mauritanienne, caractérisée par la juxtaposition de lois coutumières, religieuses et positives dans le traitement des actes qui l'impliquent en commun avec l'homme ou indépendamment : il en est des fiançailles, mariages, divorce, héritage, circoncision, excision, éducation, engagement dans la vie active, par le médium des associations, organisations non gouvernementales, coopératives, partis politiques, syndicats. En somme, partant de la tradition, Barro évoque <<la femme mauritanienne victime des injustices les plus diverses des mâles dominants et maîtres apparents du jeu social ; la femme véhicule de transmission et dépositaire des valeurs traditionnelles et culturelles (ancestrales)>> avant que celle-ci ne s'avère dans la modernité une <<éminence grise et force de relais dans la gestion du pouvoir, véritable actrice émergente de la vie socio-économique et partenaire courtisée et fantasmée des institutions qui travaillent pour le développement.>>
La spécifiée de la femme mauritanienne se trouverait, dans une certaine mesure, emportée dans le moule des initiatives de L'Organisation des Nations Unies en vue de la création des conditions d'égalité entre l'homme et la femme. L'historique de ce mouvement entreprise par la sociologue Ba Aminata s'articule originellement à l'établissement en 1946 d'une Commission de la condition de la femme au sein de la Commission onusienne des droits de l'homme. La traduction du droit des femmes inextricablement lié au droit commun des individus rapporte la question de la place de la femme dans la société mauritanienne à la préoccupation nationale des droits humains de l'OCVIDH, aussi de la portée universelle de l'aspiration au juste traitement indifférencié en considération du sexe, de la race, de la communauté sociale ou religieuse. En cela les quatre domaines déterminés par Mme Aminata Ba, pressentis comme les lieux ou s'exercerait notamment la discrimination à l'égard des femmes, recoupent en effet les revendications de toute catégorie sociale discriminée :
_<< premièrement, les droits politiques et possibilité de les exercer ;
_ <<deuxièmement, les droits légaux en tant qu'individu et membre de la famille ;
_ <<troisièmement, l'accès des filles et des femmes à l'éducation et à la formation technique ;
_<<quatrièmement, l'accès des femmes au travail. >>
L'articulation des dispositions internationales relativement aux femmes à la spécifité des mauritaniennes rencontre-t-il une conformité dans son rapport au vécu selon la réalité nationale soumise aux objectifs généraux de ces mécanismes ? L'examen de quelques thèmes en fournit des éléments de réponse.
L'exemple de l'éducation sexuelle renseigne sur le fait que la fille africaine en général reste mal in formée sur le sujet de la sexualité. Le tabou à ce propos en est responsable. De sorte qu'au chiffre annoncé par Mlle Barro de 80% des mauritaniennes subissant l'excision l'on déduit l'ampleur de la mutilation sexuelle. Celle-ci se perpétue à cause des représentations mentales selon lesquelles la pratique préserverait de la dépravation des moeurs des femmes. Et les conséquences sont aussi catastrophiques : hémorragies, infections diverses, douleurs insupportables du fait de la non application de l'anesthésie et de la désinfection_ conséquences évocatoires qui interpellent la conscience de chacun.
S'agissant de la scolarité, il semble que les garçons et les filles ne soient pas d'un sort très diffèrent. Le taux de réussite, si elle est plus faible chez les dernières, n'est pas aussi élevé chez les premiers. La pauvreté figure en première place dans les causes de cet échec. Celui-ci étant décourageant pour la poursuite des études. Entre autres causes, on retiendra, selon l'énumération faite par Mlle Barro :
_ <<l'éloignement des écoles, collèges et lycées par rapport aux domiciles parentaux des élèves, notamment de certains villages et villes ;
_ <<l'obligation pour les filles d'effectuer des tâches ménagères prioritairement à la révision de leurs cours, qu'elles vivent avec leurs parents, ou pire encore dans des familles d'accueil ;
_<< La précocité des mariages où les filles n'exercent pas le droit de choix de leurs conjoints, sachant que 1fille sur 4 se marie à l'age de douze ans, 1 sur 2 à quatorze ans, 3 sur 4 à 17 ans. Le phénomène de la précocité serait plus valable chez les peuls d'après la conférencière ;
_<<le comportement discriminatoire des enseignants à l'encontre des filles ;
_<<les représentations sociales discriminatoires de l'identité et du rôle de la femme, avec comme corollaire la dévalorisation des études des filles, ces représentations étant par ailleurs renforcées par les programmes et manuels scolaires ;
Dans ces conditions, poursuit la conférencière, << les données récentes montrent qu'entre 1998/99 les femmes ne représentent que 12% des enseignants du premier cycle, et 7% du second. >> Pourtant la volonté politique fut depuis les années 60-70 affirmée d'impliquer les femmes dans le processus de développement social, politique et économique du pays. En 1970 Touré Aissata Kane est nommée ministre de la protection de la famille et des affaires sociales_ volonté réaffirmée par Maawiya lui-même en 1985_ serait-ce la cause de la proclamation gouvernementale d'une scolarisation à hauteur de 76% des filles, entendu que ce chiffre ne se justifie guère dans une quelconque subdivision territoriale, ou milieu ethnique. On soupçonne à travers ce mensonge le souci de bénéficier des subventions des bailleurs de fonds.
En somme la procréation reste la première fonction matrimoniale et sociale des femmes, ensuite la transmission de l'éducation de base à leurs progénitures, la cuisson des repas, éventuellement un petit commerce pour l'achat de denrées de première nécessité. La satisfaction de tous ces devoirs n'ouvre pas aux femmes mauritaniennes autant de droits, notamment dans la participation aux prises de décision dans leurs propres foyers, non moins encore dans l'espace public.
A cet égard dans l'important background historique de son intervention Mme Ba souligne néanmoins que c'est depuis 1974 que le Conseil Economique et Social des Nations-Unies a préconisé le partenariat, dans l'égalité, entre les hommes et les femmes, il s'agirait de << réussir l'intégration des femmes comme partenaires des hommes dans l'effort de développement. >> Cependant, au regard de la situation actuelle des femmes mauritaniennes tantôt décrite par Mlle Barro, celles-ci sont ravalées par Mme Ba en un contexte traditionaliste subsistant : << dans la vie traditionnelle au sein de laquelle existait une économie de subsistance (autoconsommation), les femmes étaient indispensables pour la survie... Les femmes étaient responsables de la procréation d'une nouvelle génération (leur tâche reproductive), à l'éducation et aux soins de leurs propres enfants, la préparation des repas étaient de leur ressort.>> Dans le sillage des résolutions internationales, la Convention sur l'élimination de toutes formes de discrimination contre les femmes est instaurée en 1979, avant de devenir le Traité des droits des femmes ; la nomination en 1980 d'une femme, Mme Khadijetou mint Ahned, au poste de ministre de l'industrie et des mines, ne semble pas avoir amélioré les conditions d'intégration des femmes mauritaniennes dans le processus d'égalité de droit avec leurs concitoyens. Du moins remarquent Mme Aminata Fall aussi bien que Mlle Barro qu'il y a une différence d'activité socioprofessionnelle entre la femme négro-africaine et la femme arabo-berbère. Celle-ci excelle dans l'artisanat, la transformation du cuir, la tapisserie. Alors que celle-là, à l'image de la femme de la région du fleuve, ajoute Mme Ba, participe <<à la production vivrière, des céréales, le haricot, le mil, le maïs, les femmes participent aux semailles, au labour de la terre, au sarclage, à la récolte ; à toutes les activités post- récolte, vannage, bottelage, transport, conservation.>> D'autre part ces femmes rurales s'adonnent à la commercialisation de leurs produits, localement, en même temps qu'elles s'occupent de l'élevage du petit bétail telle que la volaille.
En outre les femmes ont su s'adapter aux aléas introduits par la détérioration des conditions écologiques provoquées par la sécheresse, en <<s'orientant davantage, indique, Mme Ba, vers le maraîchage.>> Elles restent dans la ligne traditionnelle du désir de contribuer à l'autosuffisance alimentaire de leurs foyers. Cependant cette directive s'effectue dans une perspective plus moderne grâce à la création de groupements coopératifs. Parallèlement beaucoup de femmes des milieux urbains possèdent des boutiques.
Il va sans dire que la femme mauritanienne rencontre des obstacles dans son aspiration à l'autodétermination, dont le plus oppressant réside dans le poids des coutumes qui délimitent son évolution vers des espaces, social, politique, économique, exclusivement occupés par les hommes. Mme Ba préconise trois mesures pour la libération de la femmes mauritanienne :
1.la revalorisation du statut de la femme qui lui conférerait les mêmes droits et devoirs que les hommes, ce qui harmoniserait juridiquement et pratiquement leur rapport, à ce sujet, estime la conférencière, "le code de la famille doit favoriser à l'avenir la lutte contre la polygamie, ou en tout cas la transformation des rapports entre époux au sein de la famille" ;
2.le droit d'exercer une activité économique personnelle, pour sortir de la dépendance totale vis-à-vis de son conjoint ;
3.Le partenariat effectif entre l'homme et la femme dans la gestion des affaires d'intérêt familial, communautaire, et national.
Les interventions des deux premières conférencières furent l'objet d'une vive réaction de l'assistance. La dualité civilisationnelle de la Mauritanie, négro-africaine et arabo- berbère, a vite été résorbée en la citation de l'islam, des lois religieuses à la base du régime matrimonial. Une longue réflexion concertée s'engagea en essayant de vérifier si le Coran astreint à l'infériorité, ou plutôt libère la femme musulmane, partant mauritanienne. L'invocation de certains versets par quelques assistants fervents, en faveur de la libération du sexe faible, de son égalité avec son partenaire, n'a cependant pas résisté à la citation de versets antinomiques par rapport à leur thèse, par le président de la séance, M. Moktar Touré. Finalement on se résolut à reconnaître qu'un débat dans le registre théologique ne rallierait jamais tous les esprits, et que par conséquent il convenait de s'en remettre à l'objectivité de l'évolution nationale dans le contexte international de la responsabilisation individualisée de chaque citoyen, ce mouvement étant irréversible. La Mauritanie n'y échappera pas. Dans ce cas il convient d'oeuvrer afin d'atténuer, à terme de résoudre les problèmes qu'entraînent certaines pratiques, circoncision et excision des femmes, maladies sexuellement transmissibles générées par le tabou sur l'information liée à la sexualité, traitements arbitraires des femmes infériorisées dans notre système social.
Là où la tradition se perpétue dans la modernité, quand la modernité ne supplante pas les normes et représentations qui régissent le statut matrimonial de la femme, son implication timide dans le développement, peut-on décliner une assertion conséquente relative à d'autres sujets mis en avant par l'OCVIDH, à savoir : "Femme et Politique en Mauritanie", "Femme dans le combat des droits de l'homme ?"
Se chargeant de discourir sur ces questions, Mme Fatimata fall, représentante du Front Populaire mauritanien, inscrit son propos dans la situation des femmes réfugiées. D'abord, il convient de rendre compte de l'équivoque levée à propos du concept de "réfugié". La compréhension extensive qu'elle en dégage l'étend au caractère de l'existence déplorable des femmes mauritaniennes vivant sur le territoire national, victime de la répression du régime de Maawiya. Dans la mesure où ces femmes se trouvent proscrites dans leur propre pays, qu'elles subissent l'engagement politique de leurs maris assassinés, elles méritent plus que tout autre la qualification de réfugié. Ensuite viennent les femmes qui combattent au quotidien, rejetées de force hors du territoire national, au Sénégal, au Mali, et pour qui l'existence est réduite à la survivance, car la satisfaction des besoins fondamentaux, la nourriture, la santé, l'éducation de leurs enfants, est un combat épuisant.
Voici plusieurs années déjà que cette situation perdure, depuis l'instauration de l'apartheid par le régime d'obédience baathiste-nasseriste. En revendiquant une Mauritanie foncièrement arabe, le système installé en 1984 _avec son précèdent dans tous les régimes antérieurs de la Mauritanie_a poussé l'opprobre et la haine à l' égard des noirs à un point suprême.
Seulement l'hypostase arabophone de ce régime n'a pas su digérer cette idéologie raciste ; il n'a d'ailleurs jamais joui d'une réelle cohésion entre ses composantes tribales. La cassure au sein de ce magma tribo- idéologique, entraînée par des luttes à mort pour qui s'accaparera du maximum des prébendes des institutions internationales, convoitises mesquines caractéristiques de l'ineptie de leur mental servil, lâcheté qui ne finit de lécher Sadam avant de témoigner obséquiosité à Bush et Sharon. La limite est prouvée de la piètre tension des forces sociales, notamment arabo- berbère de la Mauritanie, en dégénérant dans la tentative de putsch dirigée par un ancien colonel de l'armée débouté. Tel fut le dernier thème de discussion qu'anima Abdoulaye Diagana, avant la clôture de la journée annuelle de l'OCVIDH.
Les circonstances immédiates qui ont conduit au coup d'Etat semblent démontrées par le conférencier. Depuis la vague d'arrestation, il y a quelques semaines, dans les rangs de ses ex- alliés, les nationalistes arabes, bathistes, nasseristes, avec qui le régime a entrepris la politique d'épuration raciale à partir de 1986, il fut sensible que le socle se fragilisait davantage de la stabilité nationale . Toutefois le processus de centralisation du pouvoir total entre les seules mains d'une clique s'est effectué aussi par isolation progressive du pays. Au niveau régional l'Etat mauritanien incarné par Maawiya et sa clique ou sa tribu se retire de la CEDEAO. Sur le plan international, l'impopularité grandissante du tyran de Bagdad le pousse a rompre ses relations diplomatiques avec l'Irak, transposant de manière très opportuniste ces relations sur Israël. En augurant les services de protection de l'Etat sioniste, il ne pouvait que s'aligner aveuglement sur la position americano-britanique lors de la seconde guerre du Golf, dédaignant l'opinion nationale. On observera que la dernière manifestation de la psychopathie meurtrière de Maawiya consiste en l'arrestation des membres de sa propre famille, les nationalistes arabophiles, pire encore des imams "dans un pays à l'islam pacifique", dira l'orateur, "pour faire bonne figure aux cotés des américains dans leur croisade" contre l'Islam, avant de porsuivre en ces termes : "Dès lors il apparaissait clair que toutes les issues pour une alternance pacifique et démocratique étaient bouchées.L'espoir que les mauritaniens avaient placé dans les urnes s'est déplacé vers les armes. En conduisant le pays dans une impasse, le régime de Ould Taya rendait inévitable une aspiration au changement, y compris, hélas, par les armes et dans le sang. C'est dans ce contexte que s'est déroulé le coup d'Etat du 8 juin 2003".
Le débat qui fit suite au brillant exposé de Abdoulaye Diagana s'articulait autour d'une problématique à trois paramètres, à savoir :
_Maawiya a-t-il d'autre choix que de persister dans la répression effrénée dans toutes les composantes de la population, les noirs d'abord depuis 1986, une parade défensive contre ses partisans nasseristess et bathistes, actuellement la répression ouverte de ces derniers, avec une insistance particulière du fouet sur le dos des membres de la tribu des Oulad Nassir, au même titre que les noirs ;
_La réussite du putsch aurait-il mis la Mauritanie sur la voie de la démocratisation, si on considère que les putschistes, bien que n'ayant décliné leur motivation, ne sont que des factions qui ont perpétré des crimes avec Maawiya, ils étaient en effet aux affaires avec lui lors des événements de 1989, prétexte pour les revendicateurs d'une Mauritanie authentiquement arabe blanche chevauchant leurs historiques esclaves Haratine_ de s'en prendre aux composantes noires non arabophone de la population ;
_Enfin le verrouillage de l'appareil administratif et militaire du pays n'a pas empêché qu'une division de blindés ouvre les portes du palais au peuple. Le président n'a échappé à la guillotine que pour être averti à la dernière minute pour avoir le temps d'aller se tapir comme tout chien apeuré dans l'ambassade d'Espagne. En démontrant les limites de sa carapace sécuritaire, le régime de Maawiya "aurait-il, la naïveté de penser que ce qui est arrivé au Zaïre, au Liberia ou en Côte-d'Ivoire, épargnera comme par enchantement la Mauritanie, se demande judicieusement Abdoulaye Diagana." On remarquera de manière affligeante que le cycle de violence structurelle doublée de violence physique à l'encontre des noirs de la Mauritanie, ne s'étend que trop récemment par la force des choses sur des catégories blanches de la nation. La préservation de soi est décidément une loi humaine tragiquement implacable . Le putsch du 8 juin consacre le parachèvement de la violence physique, exécutions et tortures qui s'abattaient spécialement sur les noirs. Voila qui ouvre le chemin à toute réaction violente incontrôlable, et imprévisible de quelque milieu socio-politique imaginable.
Le soir tombait sur Massy alors que les participants à la journée annuelle de l'OCVIDH manifestaient encore leur désir de prendre la parole. Leur voix se dissipait déjà dans l'ambiance de musique qui prenait le dessus, comme rappelant ainsi que la fête primait. Petit à petit la salle se vidait de son monde. Dehors de petits groupes poursuivaient le débat. On se dispersait enfin progressivement de bonne humeur accompagné par la note festive de la journée.
3 juillet 2003
© OCVIDH
Ajouté le 28/10/2009 par OCVIDH 29 juin 2003 - 0 réaction(s)


