Il y'a 20 ans, Amadou, Seydi et Saydou .

Il y'a 20 ans, Amadou, Seydi et Saydou .

Mauritanie, 22 OCTOBRE 1987 -22 OCTOBRE 2007 , il y' a vingt ans Sy Saydou, Ba Seydi , SARR Amadou étaient arrêtés pour être fusillés le 6 décembre 1987 à J' reida prés de Nouakchott 




Assurément, il y a des dates qui resteront gravées à jamais dans la mémoire collective de notre peuple, d'une part par la gravité des crimes qui y ont été commis, tout comme par le courage et la justesse du combat pour lequel ses héros, nos héros, victimes d'un diabolique tyran, sont tombés... 




A L'ATTENTION DE TOUS LES MAURITANIENS. 

Si dans la mémoire de bon nombre de militaires et d'anciens militaires négro-mauritaniens cette date est symbolique, il nous revient de faire en sorte que survivent éternellement les principes et idéaux pour lesquels ces hommes étaient prêts à payer de leur vie, le soir du 22 octobre 1987. Cette date est, dans l'histoire de notre armée, le jour où des officiers et sous officiers , comme un seul homme, décidèrent de dire non à l'injustice et à l'arbitraire en Mauritanie, ils furent trahis par les leurs. Ce jour là, ces hommes reprirent en chœur halte à la barbarie et le système injuste, inhumain, trembla. Je ne veux m'étendre ici sur l'origine du 22 octobre 1987 mais comme une source, sa naissance fut multiple, encore aujourd'hui le régime ignore beaucoup de chose du 22 octobre 1987 qui reste la plus cinglante défaite de nos services de renseignements … En ce jour anniversaire, il convient d'évoquer des noms pour les graver à jamais dans nos cœurs : Capitaine SY Bocar. Lt BA Abdoul Khoudouss. Lieutenant SY Saidou. Lieutenant BA Seydi. Lieutenant SARR Amadou .Adjt BA Alassane Oumar, et tant d'autres, ces hommes que nous avons côtoyés, nous pouvons l' affirmer , respectaient tous les hommes et ne faisaient aucune différence entre maures et négro-mauritaniens ils étaient convaincus des principes et idéaux universels de justice , d'humanité et d' équité. Pour ces valeureux fils du Fouta et de la Mauritanie, leur pays ne pouvait et ne devait exclure un seul de ses fils, comble d'ironie, accusés de racisme, trois d' entre eux furent exécutés le 06/12/1987 pour fêter l' anniversaire de l' arrivée au pouvoir du président O/ TAYA. Les autres condamnés à de lourdes peines et déportés avec les dirigeants des FLAM pour être assassinés à Oualata. Je ne citerai pas certains officiers valeureux qui sont encore vivants heureusement, ils se reconnaîtront, nous pensons à eux. L'esprit du 22octobre doit continuer à nous inspirer, l'exigence de justice, de démocratie, de vérité doit être notre sacerdoce. La question nationale, l'esclavage, les réfugiés, la démocratie, le passif humanitaire..., nous ne pouvons et ne devons soutenir aucun pouvoir et d'où qu'il vienne s’il ne prend pas clairement position sur ces questions là. Les compagnons du 22octobre, je l'espère, ne braderons jamais la cause qui fit s'asseoir des nuits entières des officiers et sous-officiers du Fleuve pour dire qu'ils n'acceptent plus l'injustice érigée en système de gouvernement. En attendant prions pour nos morts et pour tous ceux qui ont souffert de la dictature féroce de TAYA ; faisons qu'un vent d' octobre souffle à nouveau sur les enfants du Fleuve , cette fois-ci , espérons le , avec la loyale collaboration des hommes du désert pour que triomphe la liberté, la justice et la démocratie 

Ousmane SARR 
Président de l'AVOMM 

Lundi 22 Octobre 2007 - 12:48


Ajouté le 30/10/2009 par Ousmane SARR - 2 réaction(s)

Les réactions

Le souvenir de ces hommes demeurera en nous, ils ont mérité de la communauté. Des héros entrés dans l'histoire un jour pour ne plus en sortir. Respect !

Le 06-12-2009 à 08:36:06 par Natitinkou

Le Monde

8 décembre 1987 , page 9


Mauritanie: Exécution des trois officiers condamnés pour complot.


Trois jours après leur condamnation à mort par la Cour de sécurité de l’état (le monde du 5 décembre), trois officiers toucouleurs accusés de complot ont été fusillés, à Nouakchott, le 6 décembre. Il s’agit des lieutenants Ba Seydi, ancien commandant de la base navale de la capitale, Sarr Amadou et Sy Saidou, ancien officiers d’état-major.

Ces exécutions sont les premières sous le régime du colonel Ould taya, parvenu au pouvoir par un coup d’état, il y a trois ans. Les trois hommes étaient accusés d’avoir préparé leur propre putsch pour proclamer une « république du walo », du nom de la vallée du fleuve Sénégal dont ils étaient originaires.

Face à la rébellion larvée d’une partie de la population noire qui dénonce la mainmise des Maures, de race blanche, sur le pouvoir, le colonel Ould Taya a donc choisi la fermeté . On ignore si les condamnés avaient sollicité la grâce présidentielle. Ce qui est sûr, c’est que leur mort risque de creuser le fossé entre deux communautés. Elle place aussi le gouvernement sénégalais dans une situation délicate. Dakar souhaite de bonnes relations avec son voisin mais peut difficilement se désintéresser du sort des Noirs du sud de la Mauritanie qui ont de nombreux liens avec ses propres ressortissants.

Le 06-12-2009 à 16:04:17 par Le Monde

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